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Réseau de télémédecine Guyane

En 2000, un partenariat entre le Centre Hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne (CHAR), le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) et l’Institut de Médecine et Physiologie Spatiales (MEDES) a permis la mise en place d'une expérimentation de télé-consultation par satellite. Les résultats de l’expérience s'étant avérés probants, la Guyane s’est dotée d’un véritable réseau de télémédecine. Ce réseau s’est enrichi au fur et à mesure de nouveaux services. Aujourd’hui, il assure environ 600 consultations par an et enregistre 150 000 déclarations épidémiologiques.

Ce réseau est une référence historique pour MEDES, mais aussi pour la télésanté de façon plus générale. Il concerne 19 centres de santé équipés et 10 disciplines médicales. Aujourd’hui encore, ce réseau est cité comme un modèle pour les départements et territoires d’Outre Mer.

 

Historique du projet

En 2000, la Guyane était pourvue de peu de professionnels de santé, de plateaux techniques et moyens de télécommunications limités, avec les grands centres accessibles uniquement par voie fluviale ou aérienne… Pour les populations de l’intérieur du département, la prise en charge sanitaire restait bien en-deçà des services offerts aux citadins.

Pour pallier cet état de fait et faciliter l’accès des populations isolées à des spécialistes, il avait alors été envisagé de recourir à la télémédecine. Une expérience d’évaluation s’est donc déroulée en Guyane de décembre 2001 à mai 2002, avec la mise à disposition d'une valise de télémédecine.

Il s’agissait :

  • au plan médical, de valider une méthodologie permettant d’effectuer un diagnostic à distance et de proposer une thérapie, tout en s’assurant de la fiabilité de ce procédé ;
  • au plan technique, de vérifier l’efficacité du système dans un environnement extrême (forêt équatoriale, taux d’humidité élevé, alimentation électrique aléatoire, couverture nuageuse, etc…) et d’évaluer son acceptation par les utilisateurs ;
  • au plan économique, de valider et comparer les coûts d’un tel système par rapport à l’existant, et de fournir aux décideurs des bases pour effectuer leurs choix d’équipement et d’aménagement du territoire.

Fort du succès que de l'évaluation, le système a été mis en place et utilisé en routine depuis lors.

Il a été régulièrement amélioré et doté de nouvelles fonctionnalités.

Ainsi, depuis 2004, outre les spécialités médicales initiales (à savoir, parasitologie, dermatologie et cardiologie),  le système intègre désormais l’ophtalmologie, la gynécologie obstétrique, la pédiatrie, l’imagerie (neurochirurgie), la diabétologie, la cancérologie et la traumatologie.

En 2006 et 2007, de nouvelles extensions ont été mises en place:

  • L’installation du module de surveillance épidémiologique et de suivi d’activité,
  • La création d’une passerelle entre le serveur de télémédecine et le serveur de résultats du Laboratoire de l’Hôpital de Cayenne permettant un gain de temps et une automatisation de l’envoi des résultats d’analyses au centre de santé concerné.
  • L’extension du réseau aux centres de santé du littoral pour éviter, notamment en dermatologie, de longs déplacements.
  • La mise en place d’un réseau « médecine de ville-hôpital » impliquant les médecins libéraux.

 

Exemple de cas

La cardiologie est un exemple-type d’utilisation de la téléconsultation (grâce en particulier à l’électrocardiogramme numérique joint au dossier), permettant aux spécialistes hospitaliers et au personnel soignant local de décider de traiter les patients sur place en toute sécurité, ou de procéder à une évacuation et d’en évaluer l’urgence.
On rencontre en Guyane de nombreuses pathologies parasitaires (paludisme, parasitoses intestinales…) et dermatologiques (leishmanioses, dermatoses diverses…). Ce type d’atteinte peut généralement être efficacement diagnostiqué à distance, d’où l’intérêt du système de télémédecine dans ces domaines.
Sur l'exemple ci-contre (un petit enfant présentant un important impétigo de la face), l’évacuation sanitaire a pu être évitée grâce au diagnostic porté sur la base de la photographie et au traitement par antibiothérapie prescrit par le spécialiste.